J'ai longuement hésité, mais aprés tout, cela fait parti de leur histoire...j'ai retrouvé qq. notes prises lors de mon hospitalisation:

Jeudi 27.10.2005 (20H10)

"J'ai passé ma visite du 6ème mois mercredi 19.10 dernier, et tout allait bien; trés bien: utérus souple (le gynéco. a "baladé" les BBs d'un côté sur l'autre: c'était trés impressionnant aprés les précautions dont je faisais l'objet), tension impec,...;bref, RAS. Le doc. me dit même que partie comme cela, je peux aller jusqu'à 37/38SA(janvier).

Et hier, mercredi, je perds les eaux...Je tel. à Franck, pends une douche; Franck me rappelle, tente de joindre les voisins. Finalement S. (une voisine) vient me rejoindre. Franck a également appellé les pompiers qui viennent me chercher+1 médecin du SAMU (un doc. trés froid, qui m'a à peine adressé la parole, préférant parler aux pompiers et aux docs. de la clinique!). Je suis transportée à LA S..

Je n'ai plus aucune notion du temps.

Là, batterie d'examens: mise en évidence de la rupture franche de la poche, écho., tension, monitoring+ piqûre de corticoïdes pour accélérer la maturation des poumons-au cas où...-.

On finit par me trouver une chambre-double (je suis avec une autre patiente, elle-même enceinte de triplées!): il y a environ une dizaine de grossesses pathologiques ce jour.

Je dois effectuer un ECBU, toujours à la recherche d'une éventuelle infection. On me met ensuite sous antibio. pour prévenir celle-ci.

Et ensuite, attente...

Franck me rejoint à la clinique, s'enquiert des nouvelles et reste positif: il tente d'avoir confiance pour nous deux. Heureusement que je peux me reposer sur lui, même si j'imagine ses inquiétudes, ses doutes, son sentiment d'impuissance...mais il ne laisse rien paraître: c'est beau et trés touchant (moi, je suis en larmes, effondrée).

Le gynéco. de garde vient me voir vers 22H, mais ne m'en dit pas tellement plus: je vais continuer de perdre du liquide amniotique, mais celui-ci se renouvelle, tous les 4 heures. Etat stationnaire: il faut que je "continue" de les garder le plus longtemps possible!

La nuit a été trés mauvaise: j'ai peu dormi!

Puis ce matin...p'tit dej., puis toilette effectuée par une aide soignante-dans le lit-; visites: kiné/sage-femme; à nouveau prise de sang.

Repas vers 13H.: visite de la gynéco qui m'annonce mon transfert sur St.Brieuc : si je venai à accoucher maintenant, il n'y a plus de place en réa. a l'hôpital, et actuellement, il vaut mieux me transporter moi, plutôt que les BBs. Il set prévu que j'y reste jusqu'à la 28 ème SA, environ, puis retour sur Rennes si je n'ai pas accouché.

J'ai également vu les pédiatres: les BBs, si ils naissent à ce terme, peuvent vivre, mais ils doivent être combatifs: on va les aider, mais si c'est trop tôt pour eux (trop de fatigue, séquelles,...), le corps médical ne s'acharne pas!! Mais ils ont tout de même leurs chances (j'ai eu la 2ème piqûres de corticoïdes, et chaque jour de gagné est une petite victoire!)

Puis ce soir, j'ai eu une écho.: les Bbs vont bien; les mesures sont apparement satisfaisantes. La "petite nana" (Automne) dont la poche est percée, se porte également bien, malgré moins de liquide.

Franck était présent lors de l'écho. et a semblé rassuré.

Les prochains jours ne vont pas être faciles pour lui avec cette hospitalisation à St.Brieuc (+ d'une heure de route)

..............

Il faut que je tente de me reprendre et de positiver pour les BBs; mais ce n'est guère évident: j'en ai vraiment marre, et m'en veux de souhaiter que tout cela se termine rapidement!

Mes sentiments sont contradictoires, entre l'envie d'en terminer, de passer à autre chose, et pourtant l'obligation de tenir, donc moralement, tenter de positiver...!

Chaque heure, chaque jour est une nouvelle victoire, et il semblerait que l'on puisse tenir assez longtemps dans cette situation(si pas de contraction, infection, souffrance foetale,...)

Voilà, alors que tout se passait bien, trés bien (sinon que des bobos et bcp. de fatigue)